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Le Blog de Roland Jaccard

par Roland Jaccard

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LE DAO DE PHILIPPE SOLLERS

par Damien Taelman                                                              .                                 .

Profession de Moi
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BRIGITTE BARDOT, UNE FILLE SANS VOILES …

par Roland Jaccard

 

1. Elle se baigne nue ?

En 1961, j’avais vingt ans. Rédacteur dans le quotidien socialiste Le Peuple, je tenais chaque semaine une chronique cinématographique. Bien sûr, j’avais vu Manina, la fille sans voiles (un titre prémonitoire) de Willy Rozier et été troublépar ce corps de rêve. Bien sûr, j’avais lu l’essai de François Nourissier qui traquait le mystère que cachait cette adolescente aux lèvres boudeuses. Bien sûr, quand Et Dieu … créa la femme sortit sur les écrans lausannois, j’avais compris que plus rien ne serait plus jamais comme avant. Brigitte Bardot ne bouleversait pas seulement les codes cinématographiques : elle révolutionnait l’amour.

Dans Le Peuple, le lundi 20 février 1960, j’écrivais à son propos que les gens qu’une certaine intensité de jeunesse et de volupté révulsent, me dégoûtent comme des peaux pas saines.  » Nue ? Elle se baigne nue ? «  Oui. Et comme tous les amis du soleil et de l’eau, elle rend encore plus ridicules les éternels endimanchés de l’Ordre.

Bizarrement, avant Brigitte, il n’y avait personne. Personne, c’est-à-dire Martine Carol et Cécile Aubry, en oubliant Michèle Morgan qui avait de trop beaux yeuxpour sa silhouette si bourgeoise. Aucune d’entre elles n’était capable de fixer nos rêves. Du côté de l’importation, rien de mieux….à moins de remonter à Louise Brooks. Greta Garbo était oubliée. Marlène Dietrich faisait peur. Rita Hayworth et Marilyn Monroe, on les aimait bien, un peu comme on admirait les Buick et les Packard géantes. Et on disait « non merci » aux énormes maternités érotiques qu’incarnaient les Lollobrigida et autres Sophia Loren.

C’est alors que Vadim créa Brigitte Bardot. L’air perdu, la perversité, les folies au bord de l’oeil et des lèvres, mais avec naturel et innocence. Brigitte devint à la fois la petite sœur joyeuse, enfantine, boudeuse, sensuelle, animale et le visage de l’éternel féminin à la dérive, l’idole des désordres du soir. Cela faisait trop longtemps que nous l’attendions.

2. Elle sacrifiait allègrement son corps au désir de l’homme

Avec son air d’enfant au bord de la faute, elle créait un équilibre instable entre le caprice et la damnation. Spontanée jusqu’au scandale, alors même que les magazines du monde entier se l’arrachaient, elle ne jouait pas un rôle. Elle vivait sa vie, tout en sachant instinctivement que la vie n’est pas juste : si l’on ne surmonte pas ses frayeurs ou ses faiblesses, mieux vaut se tuer. Elle tenta à plusieurs reprises d’échapper à la panique qui s’emparait parfois d’elle, mais la mort ne voulait pas d’un aussi gracieux cadeau.

Quant aux hommes, elle ne leur demandait pas l’impossible. Elle symbolisait la femme libérée – son corps l’exprime admirablement – mais qui, sa liberté une fois acquise, sacrifié ce corps allègrement au désir de l’homme. Dans tous ses films, B.B. est une femme qui finit par se soumettre. Une femme vouée à l’homme, mais par choix. Cette femme-enfant illustrait à merveille les nouveaux rapports de l’homme et de la femme.

3. Puis vint le temps de la haine…

Pendant que je voyais les films de Brigitte Bardot, ma mère lisait les articles d’Orania Fallaci dans la presse italienne. Elle avait été une résistante. Elle était connue dans le monde entier pour la qualité de ses entretiens avec les grands de ce monde. Mais elle ne mâchait pas ses mots. Et, comme Brigitte Bardot, elle voyait poindre une nouvelle forme de soumission imposée à la femme. Toutes deux vomissaient l’Islam. Toutes deux furent accusées de racisme. Toutes deux furent condamnées pour avoir eu raison trop tôt. Soudain, un cauchemar prenait corps : celui des femmes voilées. Celui d’un patriarcat triomphant. Celui d’une religion imposant une guerre dont personne ne voulait, mais qui mettrait fin à des années d’insouciance. Oriana Fallaci mourut d’un cancer. Brigitte Bardot préféra les animaux aux hommes.

Une page se tournait. Oriana Fallaci avait prophétisé l’auto-destruction de l’Occident face au monde arabe. Elle avait comparé l’Islam au nazisme. Personne ne voulait y croire. Quant à Brigitte Bardot, elle n’était plus qu’une vieille folle tenant des propos irresponsables et soutenant un parti  que les Français exécraient. Elle leur avait permis d’entrevoir ce qu’était la liberté. Ils avaient préféré la servitude. Comme toujours.

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Le Figaro Magazine

Un nihiliste romantique

Article de Frédéric Beigbeder (Le Figaro Magazine – 10 mars 2017)

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Le Canard Enchaîné

Station Terminale de Roland Jaccard

Article de Frédéric Pagès (Le Canard Enchaîné – 8 mars 2017)

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STATION TERMINALE

par Roland Jaccard

Vienne, Séoul, Tokyo… étapes d’un voyage placé sous le signe de la séduction amoureuse par un écrivain qui décède peu après, à la suite d’un accident ou, plus vraisemblablement, d’un suicide.
Son frère, enseignant en Suisse, à la vie rangée et avec qui il avait perdu tout contact, découvre son journal intime à Paris. Il le lit avec perplexité, commentant ici et là les passages qui le mettent mal à l’aise.
Cet ultime témoignage d’une vie sulfureuse s’achève sous le regard d’un homme qui s’interroge : n’aurait-il pas, lui aussi, raté sa vie ? Et se vengerait-il en livrant ce manuscrit inédit au public, dévoilant ainsi la vraie nature de ce frère qu’il enviait en secret ?

EN LIBRAIRIE LE 2 MARS 2017

Séance de signature le 8 mars à 19 heures
à l’Écume des Pages
178, Boulevard St-Germain
75006 PARIS

Lire la quatrième de couverture

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QUARTO n°43 Roland Jaccard

Revue des Archives littéraires suisses

« Ce qu’il y a de plus profond dans l’homme, c’est la peau », disait Valéry en une formule restée célèbre. Roland Jaccard y souscrirait sans doute. Il pourrait même la faire figurer, comme devise héraldique, au-dessus de ses armoiries imaginaires, représentant en ses quatre quartiers : l’azur d’une piscine ; deux raquettes de ping-pong entrecroisées ; une jeune fille à frange tenant en sa dextre un roman ; un animal semi-fabuleux – sphinx d’Œdipe ou paresseux des squares parisiens. Dans tous les cas, Jaccard ne refuserait pas de se voir dépeint en explorateur des surfaces et des épidermes.

Il ne faudrait pas se tromper toutefois sur la nature de cette « superficialité » si souvent revendiquée par l’auteur du Journal d’un oisif : elle a, pour paraphraser la formule valéryenne, sa propre profondeur. La futilité n’est-elle pas, comme R. J. le rappelle à la suite de Cioran, « la chose la plus difficile du monde » ? Mais cette légèreté apparente a son revers : elle fait oublier l’écrivain, pourtant l’un des plus singuliers et détonants de sa génération en terre helvétique. Elle occulte aussi le psychanalyste, le chroniqueur au Monde, le directeur de collection. Ce Quarto a donc pour objectif de rendre justice à l’œuvre et aux activités multiples de R. J., en privilégiant les approches les plus diverses et en cherchant à dépasser l’image de désinvolture qu’il se plaît à entretenir. Le dépôt de son fonds d’archives aux ALS offre l’occasion d’une telle (re)lecture.

On y verra d’abord la diversité des intérêts de R. J., comme en témoigne la trentaine d’ouvrages publiés depuis plus de quarante ans. S’y retrouvent la psychanalyse, le cinéma américain, le Japon et sa « sous-culture », les écrivains viennois, les philosophes les plus « marginaux » (Cioran, Wittgenstein), les grands diaristes (d’Amiel à Doubrovksy). La diversité des genres et des médiums utilisés est, elle aussi, étonnante : avant tout, le journal intime, mais aussi le traité (anti)philosophique, le recueil d’aphorismes, le « haïku visuel ». On y trouve enfin une écriture sans cesse en dialogue avec les arts graphiques comme avec les productions les plus hétéroclites de la culture populaire. Dans ce Quarto, c’est Frédéric Pajak qui réinstaure ce dialogue, l’espace d’un cahier dessiné.

Les contributions réunies ici se veulent un hommage du sérieux érudit à la légèreté tonifiante. Ou plutôt : elles aimeraient confirmer le brouillage de cette distinction que R. J. a su rendre, le temps de notre lecture, tout à fait caduque.

Quarto, Revue des Archives littéraires suisses, n°43 (janvier 1917), Genève, Éditions Slatkine, 2017. CHF 15.-

LIRE Quarto n°43

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Un témoin dans la ville

par Anne Eveillard

«À Anne Eveillard, cet encouragement à persévérer dans la quête de l’insolite…» Cette dédicace est celle que Roland Jaccard m’a faite en avril 1992 au premier étage du Flore, sur la page de garde de son Dictionnaire du parfait cynique, illustré par Roland Topor. Collector ! La première fois que j’ai vu le nom de Jaccard, c’était sur la couverture de L’Exil intérieur, dans la bibliothèque familiale. Lorsque j’ai associé son nom à un visage, je me suis aperçue que je le croisais quasiment tous les jours dans les allées du Luxembourg, rue de Sèvres, du côté de Saint-Sulpice, dans un bistrot du VIe. C’est d’ailleurs rue des Canettes qu’il a donné rendez-vous pour ce portrait. Dans un hôtel un peu planqué, où il joue aux échecs chaque dimanche. Il est comme ça Jaccard, il a des habitudes, des QG, une certaine idée de la fidélité.

Critiques ciné, baby foot et quinzième mois
Ado à Lausanne, où il est né en 1941, il se voyait « metteur en scène à Hollywood » ou « écrivain à Paris ». Même s’il a rédigé ses premières critiques ciné à 15 ans dans les colonnes du journal suisse Le Peuple, il n’a pas migré à Los Angeles, mais il s’est installé à Paris. Il avait 25 ans. Ses premières impressions en arrivant ? « Le côté très suffisant des Parisiens. Mais j’ai eu la chance d’être engagé très vite au Monde et, là, subitement, j’étais courtisé… » Courtisé et incité à ne plus jouer au baby foot avec n’importe qui : « Ça ne se fait pas », lui disait-on. Jaccard se marre : « La France est un pays très conservateur. » Puis il relativise : « au Monde des livres, c’était bien payé, on avait un quinzième mois, une voiture de fonction et des notes de frais sans comptes à rendre. »

Psy, petite amie, Smith & Wesson
Inclassable, électron libre, flâneur, flingueur, dragueur, Jaccard est aussi journaliste, écrivain, essayiste et même psy.  « J’ai été analyste pendant six mois. Je me suis arrêté car c’est un métier où il faut beaucoup de disponibilité. On n’a plus le temps de partir une semaine à Venise avec une petite amie… » Dans un billet d’humeur pour Causeur – « et pas Closer » -, celui qui a écrit le Que sais-je ? sur « La folie » avait enfoncé le clou : « La liberté de flâner et de noter quelques réflexions au jour le jour me semble infiniment plus conforme à ce que j’ai toujours voulu faire dans l’existence : éviter de prendre quoi que ce soit au sérieux. » C’est vrai qu’il est léger, le Jaccard. Il s’encombre de peu. Son kit de survie : un Smith & Wesson – « le meilleur ami de l’homme » -, un jeu d’échecs, un docu sur Fritz Lang – « il aurait assassiné sa première femme… » – et un exemplaire de L’Intrépide, l’illustré qu’il lisait gamin.

Retraite, Station Terminale et réseaux sociaux
À 75 ans, il voit la retraite comme « un fléau ». « C’est la pire chose que l’on a inventée. » « S’arrêter », il n’y pense même pas. Il écrit toujours. Il publie toujours : le 4 mars, Station Terminale sortira chez Serge Safran. Il inspire toujours : la Bibliothèque nationale suisse a puisé dans les archives perso de Jaccard pour lui consacrer un ouvrage, à paraître en mars aussi. Quant aux réseaux sociaux, s’ils l’ont un temps rebuté, il les a désormais apprivoisés. Site, blog, youtube… il surfe sur tout, partout. Ses « petits films » ont leurs fans : « Ils plaisent aux provinciaux qui veulent savoir ce qui se passe au Flore… » Certains sont même vus plus de 30 000 fois, lorsque Jaccard met en scène sa compagne, Marie Céhère, de cinquante ans sa cadette. « Un homme qui n’a plus rien à apprendre des jeunes filles est un homme fini », écrit-il sur son site.

Cioran, Matzneff et Alice Cooper
«Lorsque j’étais assistant à la fac en psycho, je me suis intéressé à la parapsychologie. J’ai rencontré des voyants… Ils m’ont tous prédit la même chose : des relations amoureuses cruelles et une certaine célébrité. Je n’y crois pas, mais force est de constater… » Il se marre encore. S’il a été l’ami de Cioran, il l’est aussi de Matzneff et… d’Alice Cooper sur Facebook, mais pas que : « Je le connais. Jeune journaliste, je l’ai interviewé dans les coulisses de L’Olympia. » Il se souvient alors des années 1960, « époque où l’on disait que Paris était la ville la plus proche du paradis». Pour lui, comme il y a un avant et un après Jésus Christ, il y a un avant et un après la piscine Deligny… Il termine son thé, pique un speculoos, range son flingue, remet lunettes et chapeau. Jaccard est sur le départ. Jusqu’à la prochaine rencontre au Flore, au Rostand, au Café de la Mairie ou ailleurs.

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Contre-attaque de Philippe Sollers fait pschitt..

par Damien Taelman

Il y a 2500 ans, les disciples de Confucius ont gravé au moyen d’un style leurs entretiens avec leur Maître dans un livre écrit sur des lamelles de bambou…
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À France moisie écrivains rancis

par Damien Taelman

Depuis quelques semaines, les Éditions du Seuil nous annoncent pour début novembre le prochain opuscule de Philippe Sollers…
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