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QUAND L’AMOUR FOUT LE CAMP…

par Roland Jaccard

Être aimé quand on n’aime plus… quelle galère ! J’oscille alors entre sadisme (qu’elle crève !) et douceur factice. Elle accepte tout pourvu qu’elle soit avec moi. Il n’y a qu’une solution : la fuite. Mais il me faudrait renoncer à tant d’habitudes auxquelles je tiens. Ces petits animaux analphabètes et chronophages peuvent devenir féroces ou se laisser mourir. La jouissance qu’elles éprouvent à imposer leur présence, non sans malice, l’emporte sur leur orgueil. Elles sont manipulatrices par essence et, simultanément, capables d’un dévouement  infini. Quand on les aime, on redoute de les perdre. Quand on n’éprouve plus rien pour elles, elles deviennent un objet de répulsion. Elles s’en accommodent à peu près, tant qu’on ne leur retire pas leur pitance. Elles sont certes capables de se suicider pour laisser une trace indélébile dans ce qu’elles imaginent être notre cœur. J’ai déjà connu cela. J’étais jeune alors. Je ne suis plus certain de pouvoir le supporter aujourd’hui.

Fragment de journal. 16. 7. 2013

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