2Lausanne-Palace

LAUSANNE FOR EVER

par Roland Jaccard

 

  1. MOURIR AU LAUSANNE-PALACE

Il n’y a vraiment aucune raison de se rendre à Lausanne, à moins d’aimer les palaces, les piscines et l’Art Brut. Cela tombe bien : j’aime les trois. Le Lausanne-Palace justifie à lui seul un séjour, même bref, dans la capitale vaudoise. Le docteur Moudon, tout droit sorti d’un roman de Malcolm Lowry, vous recevra dans sa suite pour un Check-up. Et même la mort vous semblera aimable dans le luxe que prodigue à satiété cet hôtel que j »ai aimé dans ma jeunesse et que j’apprécie encore plus aujourd’hui.

 

  1. LE BONHEUR DANS LES VAGUES

Il est étrange qu’une ville située au bord d’un lac soit ceinturée par des piscines. C’est le cas de Lausanne. Il est plus étrange encore qu’une piscine olympique en béton, dans le centre de la ville, scande les heures avec des vagues artificielles qui font le bonheur des enfants. J’étais un de ces enfants qui passait tout l’été à la piscine Montchoisi. Et qui ne comprenait pas pourquoi les Lausannois abandonnaient leur ville pendant les vacances alors que le bonheur – les vagues, les filles, le ping-pong – étaient à portée de main. Je ne le comprends toujours pas.

 

  1. UN LIEU POUR DIVAGUER

On a vite envie de gifler la Joconde et de jeter les pommes de Cézanne à la figure du peintre. L’art officiel ennuie. Ce n’est jamais le cas avec l’Art Brut dont le sanctuaire se trouve, grâce à mon ami Michel Thévoz, à Lausanne. Une chance pour les Lausannois, car non seulement le musée abrite les œuvres de rebelles, de déments  et de fainéants, mais est dans sa conception, le lieu idéal pour s’abandonner aux divagations les plus folles. Il m’a toujours semblé que c’était le rôle de l’art. Mais peut-être me suis-je trompé.

 

  1. RENDEZ-VOUS AU CAFÉ ROMAND

Le Vaudois existe-t-il ? Et sous quelle forme ? La réponse à cette question se trouve place Saint-François dans un café qui porte bien son nom : le café Romand. Le Vaudois, dès lors qu’il a bu trois décis de Dézaley et mangé une fondue moitié-moitié, se révèle un animal assez bruyant, plus pittoresque qu’on ne l’aurait imaginé et assez amusant à observer dans ses débordements. Jacques Chessex, l’auteur d’un Portrait des Vaudois, en avait fait son  » Stammlokal « . L’histoire des Vaudois est inscrite à chaque table. On y rencontre même des Coréens intrigués par le Major Davel ou les chansonniers Gilles et Urfer.

 

  1. ETUDIER ET DRAGUER AU PALAIS DE RUMINE

L’imposant Palais de Rumine abrite le Musée Cantonal des Beaux-Arts, où j’admire chaque fois les toiles de Charles Anker, ainsi que la Bibliothèque Cantonale Universitaire où j’ai passé des année à étudier et à observer de ravissantes Lausannoises. Je ne connais pas de bibliothèque plus confortable. Quant aux étudiantes vaudoises, elles ont cette simplicité qui donne envie de leur faire découvrir des formes de sophistication encore hors de leur portée. On peut mourir pour une Japonaise, mais on rêvera toujours de la lycéenne lausannoise dont la candeur nous troublait tant dans cette bibliothèque de rêve. Un rêve, rien qu’un rêve…..

 

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