Moix

ON N’EST PAS COUCHÉ… Samedi 29 août

par Roland Jaccard

Laurent Ruquier, l’homo festivus par excellence, avait réuni sur son plateau ce samedi soir un chroniqueur qui incarne l’Intelligence, Yann Moix, et une caricature de la femme bien-pensante, Léa Salamé. On comprenait difficilement ce que tentait d’exprimer le premier et trop facilement, hélas, les éléments de langage de la seconde. On avait déjà oublié Aymeric Caron, le méchant de service, reconverti dans la pâtisserie, la meilleure des thérapies pour l’adoucir et éviter que ses bouffées paranoïaques ne le rendent définitivement infréquentable.

On reconnaissait sur le plateau Christine Angot toujours aussi meurtrie, même si certains la trouvent apaisée et sereine, ce qui n’est jamais un bon signe pour un écrivain. Il était question de son papa et de sa maman, deux mots à proscrire à la télévision. Il semblerait que la mère comme la fille aient été des victimes,  ce qui est d’ordinaire le lot des femmes, mais que nos sociétés si compassionnelles et féminisées à outrance ont de plus en plus de peine à admettre. Tout le monde prit en pitié Christine  (il lui faut de l’amour à cette petite) qui, par ailleurs, écrit bien. Elle refusa pour d’obscures raisons de croiser Michel Houellebecq qui expliqua à juste titre qu’un livre ne naît pas d’expériences, heureuses ou malheureuses, mais d’autres livres. Lui jugea sévèrement une journaliste du Monde qui avait, la malheureuse, pris le risque de le portraiturer. Il donna l’impression, bizarre pour un mec de sa trempe, d’accorder une valeur insigne à sa personne. Mais bref, il arrive que la gloire vous monte à la tête comme un mauvais vin.

En revanche, sur l’islamisation de la France, non seulement il ne recula pas, mais tout en gardant un sourire ironique, reconnut que le scénario d’un califat modéré lui semblait aujourd’hui peu probable  (je rappelle que c’est le sujet de son dernier roman, Soumission) et que ce que décrit l’écrivain algérien Boualem Sansal dans 2084 (Gallimard) est beaucoup plus vraisemblable. Laurent Ruquier lui avoua qu’il avait lu Soumission au troisième degré et qu’il s’était beaucoup amusé. Savoir que Laurent Ruquier trouve toujours de multiples raisons de s’amuser nous a beaucoup rassurés. Un peu d’émotion, quelques vannes et des fous-rire, le peuple n’en demande guère plus.

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