Monthly Archives: septembre 2015

4

LAURENT RUQUIER, NADINE MORANO ET LE RESTAURANT ITALIEN…

par Roland Jaccard

Autant l’avouer tout de suite : j’ignore tout de la belle carrière politique de Madame Nadine Morano qu’elle s’est chargée de nous rappeler avec l’insistance d’un jeune en quête d’un premier emploi. J’ai cru comprendre qu’elle aspirait à devenir Présidente de la République et qu’elle était à la fois plus raisonnable et plus généreuse qu’il n’y parait. Dont acte. J’ai cru comprendre également qu’elle avait prévu depuis des années de dîner dans un restaurant italien avec Laurent Ruquier, modérément enchanté à cette perspective. Cette invitation à  » On n’est pas couché  » était un premier pas avant les penne al arrabiata.

À mon avis, et je le regrette infiniment pour Madame Nadine Morano, il lui faudra encore attendre quelques années avant de se retrouver en tête à tête avec Laurent Ruquier. Il n’a pas apprécié qu’elle attaque son ami Guy Bedos devant un tribunal pour l’avoir traitée de connasse. Ruquier trouve que c’est plutôt affectueux et qu’il faut tout passer au petit Guy.

Allez ! On se fait la bise et on va tous les trois manger des pâtes. Il est comme ça Ruquier : fidèle à ses amis et pas susceptible pour un sou. En revanche, quand Madame Nadine Morano a clairement exprimé qu’elle voulait une France de race blanche, de culture judéo-chrétienne et sans trop de mosquées, on a perçu que ça non, il ne pouvait pas le laisser dire sur son plateau. Yann Moix, mais oui le mec qui a succédé à Aymeric Caron,  en perdait la voix et la tête : utiliser le mot  » race  » serait une ignominie que même Marine Le Pen ne se permettrait pas. Quant à l’envahissement ou l’invasion de la France par des arabo-musulmans,  vilipendée à tort ou à raison par Madame Nadine Morano, ni Laurent Ruquier, ni Yann Moix, ni Léa Salamé ne semblaient y voir le moindre inconvénient. Bref, on leur servait du lepénisme à l’ancienne, un peu moisi de surcroît, et ils peinaient à l’avaler. C’est tout juste s’ils n’avaient pas envie d’appeler Marine Le Pen à la rescousse.

Madame Nadine Morano a tenté de les rassurer in fine en faisant valoir qu’elle est une fervente européenne, favorable au maintien de l’euro et et d’une économie libérale, contrairement à l’autre blonde. Mais il était déjà trop tard : le dîner avec Laurent Ruquier est sérieusement compromis. En revanche, Marine Le Pen devrait l’inviter pour lui exprimer sa gratitude dans un restaurant français si possible.

 

.

.

.

.

1Merkel.selfie

LES BARBARES SONT ARRIVÉS. ENFIN !

par Roland Jaccard

On ne les attendait plus. L’immigration avait cessé de faire peur. On avait avait supprimé les frontières. Il n’y avait plus de limites, ni de points de repère. On enseignait dans les écoles que le racisme et le nationalisme étaient les pires des fléaux. Certains s’insurgeaient encore que les riches devinssent de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres, la vieille rengaine marxiste qu’on écoutait en souriant. Il y avait bien de temps à autre une petite crise. Juste histoire de se faire peur. Et quand l’Union Européenne dysfonctionnnait, toute la classe politique chantait en chœur qu’il fallait plus d’Europe. On avait même trouvé un ennemi assez commode: Vladimir Poutine. Le bonheur était une idée neuve en Europe: on ne doutait pas que dans un État de Droit nourri de tant d’idéaux avec un peu de bonne volonté notre Boboland serait à la mesure de notre ramollissement intellectuel. On savait qui étaient les méchants: Bush fils, Pinochet, Assad, Khadafi et quelques autres. On avait fêté avec une ferveur les printemps arabes en oubliant que, parfois, certains peuples ont besoin d’un dictateur. On avait même réussi par un tour de force peu commun à transformer dans l’imaginaire des Français un pays aussi démocratique qu’Israël en un monstre hybride tout à la fois colonial et nazi. Les Palestiniens approuvaient, bien sûr, et les populations arabes dont le seul aphrodisiaque est la haine d’Israël manifestaient même au cœur de Paris en criant : « Mort aux Juifs ! » sans que la police intervienne. Certes, on déplorait parfois ici ou là un attentat, mais on l’oubliait aussitôt. Ce ne pouvaient être que quelques malades mentaux  égarés dans une lecture archaïque du Coran qui passaient à l’acte. À la limite, il eut fallu les soigner plutôt que de les punir. Surtout pas d’amalgame.
Et cet été les Barbares sont arrivés. Il convenait de les accueillir avec hospitalité et même d’encourager la venue de quelques centaines de milliers d’Africains et d’Orientaux. Étaient-ce des migrants, des réfugiés, des terroristes ? Face à leur afflux massif, nul n’était plus en mesure de s’en soucier. Certains suggéraient que les Allemands, en raison d’un déficit démographique et d’une culpabilité ambigüe, avaient besoin de nouveaux esclaves. D’autres se réjouissaient de la générosité des Européens. Dans un premier temps, les Barbares furent donc accueillis avec enthousiasme. Chacun en voulait un chez lui. Et, très vite, il fallut réapprendre le principe de réalité: des frontières psychologiques et géographiques existent. L’homme peut être un loup pour l’homme. Et même les réfugiés, pratiquement tous issus de pays musulmans, ont d’autres structures mentales que les Européens : ce qu’ils ont fui – et souvent avec les meilleures raisons du monde – ils n’auront de cesse de le reconstituer dans les pays qui leur ont ouvert les bras. Ils étaient victimes de la tyrannie politique et religieuse, ils le seront à nouveau. Et nous avec eux. Ce que l’homme a devant lui, c’est son passé. L’histoire ne fait que repasser les plats. N’oublions pas la chute de Constantinople. Et merci à tous ces migrants de déferler en Europe pour nous le rappeler !

.

.

.

.

1Caine

« YOUTH » de Paolo SORRENTINO

L’IMPASSIBLE MICHAEL CAINE
par Roland Jaccard

Quand j’ai vu Michael Caine à vingt ans dans « Ipcress, danger immédiat » , le film d’espionnage de Sidney J. Furie, je n’aurais jamais imaginé le retrouver un demi-siècle plus tard  dans un palace suisse en compagnie d’Harvey Keitel. Le jeune critique de cinéma que j’étais alors à Lausanne dans un quotidien socialiste s’était métamorphosé en vieux réac collaborant à « Causeur ». Et le désinvolte Harry Palmer incarné par Michael Caine prônait dans le film de Paolo Sorrentino : « Youth » une philosophie du renoncement tout en prenant un soin excessif de son corps avec une masseuse serbe quasi mutique… et d’autant plus séduisante.
Michael Caine embrassait d’un regard froid son passé d’où seules émergeaient quelques mélodies tristes qui l’avaient rendu célèbre comme compositeur, ainsi que son amitié avec Igor Stravinski et son épouse délaissée dans un hospice vénitien. Stravinski dont il avait retenu le conseil : « Ne devenez jamais un intellectuel ! Les intellectuels n’ont aucun goût. »
Son vieux pote, Harvey Keitel, n’avait guère plus de chance : son actrice fétiche, Jane Fonda terrifiante de vulgarité, le laissait tomber, non sans lui avoir auparavant craché ses quatre vérités. Notamment que rien n’est plus stupide pour un cinéaste à bout de course que de vouloir livrer un testament spirituel, esthétique et cinématographique. Dans une séquence hallucinante et hallucinatoire, il revoyait alors toutes les stars qu’il avait propulsées au firmament du septième art. Il était trop tard pour envisager autre chose que son suicide. Impassible, Michael Caine assista à sa défenestration.
Les alpes suisses servent de décor immuable aux dernières vacances de ces deux inséparables amis. Elles constituent le contrepoint moral et hygiénique de la folie des hommes, exprimée de manière époustouflante par Paolo Sorrentino. Michael Caine semble bien être le seul à avoir retenu leur leçon. À Venise, il reverra son épouse comme on rencontre un fantôme. À Londres, il dirigera un concert  : il ne regrette rien, car on ne regrette que ce dont on se souvient.

.

.

.

.

1NCoreanTV

AYMERIC CARON,

REVIENS TU NOUS MANQUES !
par Roland Jaccard

Ce samedi 12 septembre 2015

J’ai rarement rencontré un personnage aussi imbu de lui-même, aussi odieux, aussi manipulateur qu’Aymeric Caron. Procureur dans un régime totalitaire, il n’aurait jamais manqué une occasion pour vous envoyer ad patres: documents truqués, témoignages extorqués sous la torture, arguments retors, questions biaisées, regard de psychopathe, il aurait inspiré un mélange de terreur et d’admiration et convaincu n’importe quel tribunal. Et c’est cet homme qu’il a fallu subir pendant des mois dans l’émission consensuelle et frivole de Laurent Ruquier, On n’est pas couché.

Et voilà qu’il nous manque. N’importe quel producteur hollywoodien vous expliquerait que plus le méchant est méchant, meilleur est le film. La haine engendre la haine et le taux d’adrénaline monte vertigineusement. Cet homme, de quelque bord politique qu’on soit, captait l’attention car il portait en lui, outre quelques convictions végétariennes aussitôt contredites par son sourire carnassier, des fioles de nitroglycérine prêtes à exploser. Un tel personnage est irremplaçable. Et du coup Léa Salamé dans le rôle de la mégère qui cherche à s’imposer tout en sachant qu’elle n’y parviendra jamais et son nouveau comparse Yann Moix qui cultive l’art de poser des questions alambiquées dont il est le seul à connaître la réponse, ne font pas le poids. Laurent Ruquier se contente de pouffer et les invités d’ânonner des banalités sans crainte d’être envoyés au goulag. Bien sûr, les bons sentiments sont encore au rendez-vous, y compris avec Michel Sardou dont on attendait plus d’indépendance d’esprit et de Thomas Dutronc qui a fait ce samedi la promotion des carottes bio sous le regard attendri de Cécile Duflot qui, elle nous l’a promis, accueillera chez elle une famille de réfugiés. Quant à Guy Bedos confondu avec son fils Nicolas, il a trouve le moyen de glisser quelques vacheries sur Melenchon, ce qui n’est pas forcément très classe. Un ancien rédacteur du Monde a brièvement évoqué l’attitude des frères Simenon sous l’Occupation et la personnalité de Léon Dregrelle, le fondateur du rexisme, qui a inspiré le personnage de Tintin. Voilà vous savez tout.

Non pas vraiment tout : le vide abyssal laissé par le départ d’Aymeric Caron m’a plongé dans une forme de léthargie dont je ne suis pas prêt de me remettre. Si la télévision se met à ressembler à François Hollande avec petites blagues et rires étouffés dans une ambiance où personne n’ose dire ce qu’il pense, je regarderai la télévision nord-coréenne. Au moins là, il n’y a pas tromperie sur la marchandise.

.

.

.

.

1Bardot1

Au Salon du Livre de Genève :

LA TENTATION DU BONHEUR
par Roland Jaccard

Toutes les manifestations autour ou en faveur du Livre me mettent mal à l’aise et, souvent, m’agacent, tant je conçois la création littéraire comme une activité solitaire, mais oui comme la masturbation, et autant que possible confidentielle dans l’accueil qui peut lui être fait. C’est dire combien,  à la fois comme auteur et éditeur,  je me suis tenu à l’écart des foires du livre. Même une séance de signature dans une librairie de Saint-Germain-des-Prés, et il m’est arrivé d’en faire,  frise le ridicule ( avec le : combien en ai-je vendu final ) et l’obscène  ( la Drague du Grand Écrivain ).
Quelques anecdotes maintenant. La première  a pour cadre le Salon du Livre de Bordeaux où je me suis rendu avec mon ami André Comte-Sponville. Il vient de publier son « Petit Traité des Grandes Vertus » et, après être passé en solo dans l’émission de Pivot, jouit d’un immense prestige. Moi, j’ai pour seul butin « La Tentation nihiliste ». Nous sommes assis côte à côte. Des centaines de personnes le guettent, l’attendent, achètent son livre, veulent lui parler. On le prend sans doute pour le Dalaï-Lama. Des dames lui ont tricoté des écharpes, d’autres ont mis tout leur petit cœur dans des biscuits faits maison ou des confitures. Il aurait même fait de l’ombre à Jésus. Alors ne parlons pas de moi ! Seuls quelques godelureaux issus de Sciences Po et quelques étudiantes à frange daignent jeter un œil miséricordieux sur une tentation qui leur est étrangère. Les plus audacieux veulent juste en découdre avec moi. Pas un n’achètera mon essai. Le nihilisme ne paie pas.
Deuxième anecdote : je suis au Salon du Livre de Genève pour évoquer avec Philippe Djian, sous le regard bienveillant de Christope Passer, mon dernier livre : « Ma Vie et autres trahisons ».  Je reconnais dans l’auditoire quelques amis comme Éric Vartzbed, Frédéric Pajak et Jean-François Duval. Tout se passe au mieux et je parviens même à évoquer Albert Caraco qui se livra à des éloges inconsidérés du racisme. Deux jeunes Noirs me regardent fascinés et applaudissent. Bref, une fois l’exercice achevé et fort sympathique, je me promène dans les allées du Salon où je constate que tout ce touche de près ou de loin au développement personnel et à la spiritualité  attire le populo, je tombe sur Oscar Freysinger qui signe son polar : « Cette garce de vie ». Il me raconte qu’il a eu le matin même en se réveillant un choc : Brigitte Bardot l’appelait. Il a cru à une farce de ses potes. Mais non, c’était bien elle…j’ai lu son road-movie et j’ai songé que pas un seul homme politique français ne serait capable d’un tel exploit. Vraiment un excellent polar, digne de figurer dans la Série Noire de Gallimard. Bref, je n’ai pas regretté cette excursion dans les terres genevoises… à priori  hostiles pour un Vaudois !
Troisième anecdote : certains croient parfois, compte-tenu de mon âge,  que j’ai connu Arthur Schnitzler et assisté au suicide de Mademoiselle Else.  Je tiens à démentir cette rumeur. Mais, et ce n’est pas un songe, ni de la fiction, on a pu me voir ce printemps 2015 au Salon du Livre de Genève avec Marie Céhère. Dans des circonstances pour le moins troublantes, aussi bien pour elle que pour moi, nous avions signé : « Une Liaison dangereuse » qui relate la complicité violemment érotique entre une Sugar Baby et un Sugar Daddy. Une couverture affolante pour un couple improbable, une méfiance réciproque  et des échanges de mails que Laclos aurait approuvé …j’ai tout au moins la présomption de le croire. Frédéric Beigbeder qui était présent sur le plateau m’a fait le plus beau compliment  :  « Merde, tu m’as encore battu….cinquante ans de différence d’âge… ce n’est pas rien. »  Il a proposé à Marie de poser pour « Lui » ce qui a ravi Isabelle Falconnier, notre ange gardien au Salon du Livre
Pour une fois, je me suis dit que le bonheur pouvait aussi être une tentation.

.

.

.

.

1alg

JÉRÔME LEROY ET ARNAUD LE GUERN :

DEUX ÉCRIVAINS EN ESPADRILLES AU RENAUDOT

par Roland Jaccard

Il est difficile de ne pas partager les coups de gueule de Jérôme Leroy en politique, même si nos analyses nous conduisent à des conclusions opposées, et impossible de ne pas succomber au charme spleenétique d’Arnaud Le Guern, deux amis dans la vie et que rapproche, entre autres, leur passion pour les actrices des sixties, à commencer par Catherine Spaak. Ils seraient capables de s’entretuer pour elle.
Tous deux écrivent des romans, passent l’été au soleil en espadrilles, Jérôme en Grèce où il rêve d’un communisme balnéaire, et Arnaud à Evian ou à Lausanne où il tente de retenir les minutes fugitives d’une saison belle comme la porcelaine de Mort Shuman chantée par Sophie  Barjac. Mort Shuman et Sophie Barjac encore deux passions qu’ils partagent.
Sur le plan littéraire, en revanche, il en va tout autrement. Pour faire simple, il y a du Rohmer – Pauline à la plage, Le Genou de Claire – chez Arnaud Le Guern, et du Chabrol – Que la bête meure, Le boucher – chez Jérôme Leroy qui décrit au vitriol la bourgeoisie provinciale du Cotentin dans « Jugan » inspiré par un roman mythique de Barbey d’Aurevilly : « L’Ensorcelée » ( 1855 ). Si l’obsession d’Arnaud Le Guern est de prolonger l’été en compagnie de délicieuses nymphettes, celle de Jérôme Leroy est de traquer le Mal sous ses diverses figures. Il y a de l’exorciste chez Jérôme Leroy, ce théologien égaré dans la Série Noire. Tous deux ont le même art de capter le lecteur dès la première phrase. Très importante, la première phrase : elle décide de tout le reste. Arnaud : « Finalement, il n’ y a toujours eu que nos étés. » Jérôme : « Deux ou trois fois par an, je rêve de Noirboug et je me demande si je ne devrais pas m’inquiéter. »  Ite missa est.
Jérôme Leroy et Arnaud Le Guern se retrouvent sur la liste du Renaudot. Voilà des jurés qui savent lire. Quel que soit le lauréat, j’espère qu’il viendra en espadrilles le jour de la cérémonie. Et j’ai au moins une certitude : que les filles en shorts comptent plus dans leur vie que n’importe quel prix. Autrement d’ailleurs ce ne seraient pas mes amis.

.

.

.

.

1adieux-aux-espadrilles

INSTANTANÉS DE SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS :

ALBERT CARACO ET ARNAUD LE GUERN
par Roland Jaccard

 

À la terrasse du Flore, j’aperçois un habitué de Yushi , Nicolas Féau, lisant : « Transfiguration de la Roumanie » de l’ami Cioran. Un garçon de café s’approche de lui et l’apostrophe en clamant bien fort que Caraco, mais oui Albert Caraco vous avez entendu, vaut bien et même plus que Cioran. Et puis, dit-il, lui au moins il s’est suicidé quelques heures après la mort de son père. « Lisez son Bréviaire du Chaos, vous verrez alors que Cioran n’est que son pâle disciple. » Nicolas Féau, avec son imperturbable sérénité, le remercie et clôt le débat par ces mots : « Je n’y manquerai pas. Quant au suicide, j’ai déjà été vacciné par Jaccard et Cioran. »

Ce genre de scène ne peut se produire qu’en France – et peut-être même qu’au Flore – et laisse penser que le génie français ne s’est pas totalement éteint. Quelques minutes plus tard, j’aperçois Arnaud Le Guern  dont je viens de déguster le joli roman : « Adieu les espadrilles ». Encore sous le choc de nos propos sur Caraco et Cioran, je le félicite pour son livre : « Adieu les sandales ». La gaffe. Deux hypothèses : soit je me paie sa tête, soit je suis sénile. Mais non, j’ai vraiment pris un plaisir extrême à vagabonder avec Arnaud à Lausanne et Évian entouré des ombres du passé comme Pamela Moore ou Paul Gégauff et de filles en short si frémissantes de sensualité qu’on leur pardonne même d’oser dire que le suicide est l’acte le plus lâche qui soit, un acte dégueulasse. « Un acte dégueulasse, c’est quoi ? », demande Arnaud. La fille s’est mise en rogne. Il faudra qu’elle revoie les films de Godard…d’ailleurs, il y a du Godard, celui du début, celui que j’aime – « Pierrot le fou » en premier – chez Arnaud…

.

.

.

1Journal

UN ÉTÉ 2014

par Roland Jaccard

Durant l’été passé, j’ai tenu scrupuleusement – mais oui, cela m’arrive – mon journal intime. Je ne me suis pas borné à filmer paresseusement des aéroports et des filles en tenant des propos désabusés. La Revue Alkemie ( publiée par les éditions Garnier et que tous les lecteurs de Cioran connaissent bien ) a souhaité en publier des fragments. Je le signale à l’attention des lecteurs qui ne sont pas indifférents à mes écrits irréguliers et qui auront du même coup l’occasion de découvrir Alkemie. En outre, ce numéro est consacré à l’Eros : une raison supplémentaire de se le procurer.

.

.

1michelonfray

CE QUE JE PENSE DE MICHEL ONFRAY

par Roland Jaccard

Éric de Bellefroid, l’excellent critique de  » La Libre Belgique « , me demande au débotté de lui dire ce que je pense de Michel Onfray. Je lui réponds illico ceci  :


1. Un puritain qui prône l’hédonisme.
2. Un graphomane qui a trop de choses à dire pour les penser vraiment.
3. Un pamphlétaire un peu trop ressentimenteux à mon goût et dépourvu d’humour.
4. Un homme de gauche qui vire à droite sans savoir pourquoi.
5. Un anti-freudien primaire.
6. Un excellent pédagogue pour universités populaires.
7. Un bourreau de travail qui croit en ce qu’il fait…ce qui ne peut qu’éveiller des soupçons de ma part. Mais j’ai sans doute tort.
8. Un homme assez simple, en définitive,  qui a beaucoup ramé pour échapper à ses origines et qui est parvenu à occuper une place que plus personne ne revendique : celle du Grand Penseur Officiel, tout à la fois rebelle et rassurant.
9. Il aurait rêvé d’être Albert Camus, mais il n’en a pas le talent littéraire.
10. Il se contentera donc d’être le BHL du pauvre, ce qui n’est guère engageant.

Quelques minutes plus tard, Éric de Bellefroid me remercie pour ces quelques lignes si proches de ce qu’il pense de Michel Onfray. J’aurais sans doute été plus indulgent si j’avais suivi ses dernières interventions publiques qui doivent faire frémir d’horreur son fan club. Il semble donner raison à Samuel P. Huntington et admettre qu’il y a bien un conflit de civilisation, voire une guerre, entre l’Occident décadent et l’Islam planétaire en pleine forme. Contrairement à Frédéric Schiffter qui s’apprête à accueillir des familles de migrants musulmans pour surmonter enfin son état de procrastination, Onfray se montre plus clairvoyant. Il est vrai, et c’est à porter à son crédit, qu’il a cette capacité inouïe de ne pas se borner à contempler son image dans son miroir et de mater les surfeuses sur les plages chicos de Biarritz.

.

.
1IMREKERTESZ

Les musulmans envahissent,
occupent et détruisent l’Europe

.

par Imre Kertész, prix Nobel de littérature

Prix Nobel de Littérature en 2002, l’écrivain juif-hongrois, spécialiste de l’Holocauste, Imre Kertész, adresse, dans son dernier livre, une critique virulente à l’encontre de l’Establishment occidental pour sa décision irresponsable de laisser l’Europe changer sa population par une immigration de masse, majoritairement de culture musulmane, en provenance du Tiers Monde.

Né en 1929, dans une modeste famille juive de Budapest, Imre Kertész, déporté à Auschwitz à l’âge de 15 ans, puis à Buchenwald, survit à l’Holocauste. Cette horrible expérience des camps marquera sa vie d’homme et son œuvre. Prix Nobel de littérature, auteur de chefs-d’œuvre comme « Kaddish pour l’enfant qui ne naîtra pas.  »

Dans son livre : «L’Ultime auberge*», l’auteur dénonce, entre autres, la politique migratoire suicidaire de l’Europe :

«L’Europe va bientôt s’effondrer, à cause de cette forme de libéralisme, qui s’est avérée puérile et suicidaire. L’Europe a créé Hitler et, après Hitler, elle s’est trouvée à court d’arguments :les portes se sont grandes ouvertes devant l’islam, plus personne n’ose parler de race ou de religion, alors que l’islam ne semble connaître que le langage de la haine envers les autres races et religions.»

« L’Europe commence à comprendre où l’a menée sa politique libérale d’immigration. Elle s’est rendue compte que la chose nommée société multiculturelle n’existe pas.»

Pour Imre Kertész, l’Europe est lâche au point de «s’aplatir devant l’islam, en raison de cette culpabilité, qu’elle ne peut oublier depuis Auschwitz ».

« Je voudrais ajouter quelques mots au sujet de la politique : je dirais comment les musulmans envahissent l’Europe, se l’accaparent, bref, la détruisent et comment l’Europe réagit face à ce libéralisme suicidaire et cette stupide démocratie … Cela se termine toujours de la même manière : la civilisation atteint un certain niveau de maturité, à partir de là, elle n’est plus capable de se défendre elle-même, elle tombe alors dans une adoration incompréhensible de ses propres ennemis.»

« L’ultime Auberge » est aussi influencée par les souvenirs de l’horreur nazie.

«Auschwitz a eu lieu, et le fait qu’il ait pu avoir lieu est irréversible», écrit Imre Kertész. «Le fascisme, le nazisme, le communisme, etc. n’ont pas de causes historiques, mais viennent de ce que les gens veulent avoir ces systèmes et leurs dirigeants. C’est tout.»

« Tout ce qui a eu lieu influence tout ce qui peut encore avoir lieu, dès lors Auschwitz pourrait revenir ».

Pour Imre Kertész, l’antisémitisme n’a jamais disparu d’Europe. Le monstre reste là, tapi dans l’ombre, prêt à resurgir.

Basé sur son expérience personnelle, Imre Kertész a conservé un sens profond de l’absurdité universelle : «La vie est absurde, il faut la traiter avec la souplesse et la retenue, qui conviennent, comme toute chose sans grande importance. »

La lâcheté de nos gouvernements, Geert Wilders ne cesse de la dénoncer, comme ici au parlement danois en février 2014.

« Chaque jour, chaque jour, nous entendons les leaders occidentaux répéter l’écoeurant mantra que l’islam est une religion de paix.A chaque fois, qu’une atrocité est commise au nom de l’islam, à chaque fois que quelqu’un est décapité en Syrie, Barrack Obama, David Cameron, mon propre premier Ministre, et beaucoup, beaucoup d’autres de leurs collègues se précipitent devant les caméras de télévision pour déclarer que ceci n’a rien à voir avec l’islam.

Nous prennent-ils pour des idiots ?

Sommes-nous idiots ?

Nous ne sommes pas idiots.

Lisez le coran. Constatez que le coran et l’islam signifient violence. »

– Geert Wilders, Parlement danois, 11.02.2014

© Rosaly pour Dreuz.info – 3/9/2015

.

.

.

.